mardi 19 juillet 2011

CHILI : DES EXPERTS LÈVENT LES PRINCIPAUX DOUTES SUR LE SUICIDE D'ALLENDE

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La fille du Président, Mme Isabelle Allende, sénatrice socialiste chilienne et le directeur du service médico-légal, Dr Patricio Bustos. Photo AP

Le directeur du service médico-légal, Patricio Bustos, a déclaré à la presse que les experts avaient "vérifié l'identité du président par des méthodes d'odontologie légiste et de génétique", ils ont déterminé que la mort avait été causée "par une blessure par projectile" et qu'elle "correspond à un suicide".

Ce rapport confirme la thèse officielle, également reconnue par la famille de Salvador Allende, et lève les principaux doutes dans l'attente d'une fermeture définitive du dossier, suspendue aux résultats d'expertises complémentaires.

"La conclusion est la même que celle de la famille Allende: le président Allende, le 11 septembre 1973, alors qu'il se trouvait dans des circonstances extrêmes, a pris la décision de se suicider plutôt que d'être humilié ou de subir toute autre chose", a déclaré la fille du président défunt, la sénatrice Isabel Allende.


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Mme la sénatrice Isabel Allende, fille aînée du Président martyr chilien. Photo AP

Mme Allende a assuré que la famille avait pris la nouvelle avec "un grand calme", parce que "les conclusions de ce rapport correspondent à (sa) conviction" qui demeurait dans l'attente de preuves formelles, notamment balistiques.

Selon les experts, le président a été tué par deux balles de fusil automatique AK-47, dont l'une a été retrouvée dans sa dépouille.

Le tir a été effectué "par un fusil posé en appui" sur le menton, a expliqué Francisco Etxeverria, expert médico-légiste espagnol ayant participé aux recherches à la demande de la famille Allende.

"Avec tous les éléments de l'analyse scientifique, nous sommes en mesure d'affirmer qu'il s'agit d'une mort violente (...) de nature suicidaire, qui ne fait absolument aucun doute pour nous", a poursuivi M. Etxeverria.

La dépouille d'Allende, icône de la gauche latino-américaine, avait été exhumée au mois de mai dans le cadre d'une procédure ouverte le 27 janvier pour savoir s'il avait été assassiné ou s'il s'était suicidé - une thèse soutenue par les proches du président qui avait juré de mourir les armes à la main.

Salvador Allende, premier marxiste élu à la présidence du Chili en 1970, est mort par balle à l'âge de 65 ans dans le palais présidentiel à Santiago, bombardé par l'armée, lors du coup d'Etat du général Augusto Pinochet.

L'arme et la balle ayant entraîné sa mort n'ont jamais été retrouvées et la veuve d'Allende et ses filles n'avaient pas pu voir son corps.

Des dirigeants et journalistes étrangers estimaient qu'Allende avait pu être assassiné par un putschiste et d'autres évoquaient un possible "suicide assisté": le président aurait raté sa tentative et un garde du corps lui aurait tiré le coup de grâce.

Une autopsie réalisée après son décès avait conclu qu'il s'était suicidé d'une balle sous le menton.

L'enquête sur la mort du président chilien a été rouverte en même temps que 725 dossiers de crimes contre l'humanité commis sous la dictature (1973-1990), qui n'avaient jamais été traités faute de plaintes.

Au total, un peu plus de 700 anciens agents militaires, policiers ou civils de la dictature ont été condamnés ou sont poursuivis pour de tels crimes, mais moins de 70 sont en détention, à la faveur de remises de peine ou d'assouplissements de régime, et certaines condamnations n'ont toujours pas été confirmées.

La dictature est responsable de plus de 3.100 morts ou disparus.

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