mercredi 11 septembre 2024

ANIVERSARIO DEL GOLPE DE ESTADO EN CHILE

  [ PINCHAR LA IMAGEN PARA AMPLIAR ]

FLYER PCCH

1973 - 11 de septiembre - 2024
51 aniversario del golpe de Estado
contra el presidente Salvador Allende
Las conmemoraciones son fastidiosas cuando desenrollan su mecĂĄnica solemne de discursos y elogios; en cambio, cuando restituyen un legado e iluminan asĂ­ nuestro presente, son no sĂłlo Ăștiles sino necesarias. Es en esta Ăłptica que conmemoramos hoy el cincuentenario del golpe de Estado en Chile que derrocĂł al socialista Salvador Allende..
Allende estå delante de nosotros, en el horizonte de nuestras mås actuales preocupaciones. Pese a las mutaciones del mundo, somos y seguimos siendo allendistas, es decir, fieles a una promesa política que los años pasados no han hecho mås que fortalecer.

MuchĂ­simas plazas, calles y escuelas llevan hoy su nombre y de esto nos alegramos. Pero es de temer que para las generaciones futuras, su acciĂłn polĂ­tica no se reduzca sino a los lugares comunes que resumen una Ă©poca: “socialismo”, “revoluciĂłn”, “intervenciĂłn norteamericana”, “golpe de estado”. La celebraciĂłn de los cincuenta y cuatro años de la Unidad Popular debe permitirnos redescubrir, a travĂ©s de esta multitud de clichĂ©s, la singularidad del mensaje de Salvador Allende.

Chile, 1970. Un pequeño paĂ­s del fin del mundo va a suscitar el interĂ©s, la curiosidad y la admiraciĂłn del mundo entero. A la cabeza de una coaliciĂłn de fuerzas de izquierda, la Unidad Popular, Allende acaba de acceder al poder para realizar un programa polĂ­tico nunca visto antes: la instauraciĂłn progresiva de un modelo socialista en el marco democrĂĄtico. El proyecto es revolucionario, en el mĂĄs noble sentido del tĂ©rmino, es decir, perfectamente nuevo. Es la “vĂ­a chilena al socialismo”. Sin armas, sin dictadura, sin sumisiĂłn; nada mĂĄs que las urnas, la conciencia polĂ­tica del pueblo, las leyes.

Las lecciones del estalinismo parecen haber sido aprendidas, la guerrilla descartada como alternativa política; Allende no aparece como un teórico, ni como aventurero, él conoce su país, ha estado en todas las luchas, y tiene detrås suyo viejos partidos con una profunda raigambre popular. Su objetivo es claro y puede resumirse en una palabra: mås justicia social. La conmoción serå terrible, la oposición feroz, un gran país como Estados unidos sentirå råpidamente crecer la amenaza y tratarå de destruirla por todos los medios. Lo que viene después lo sabemos. Allende morirå en el palacio de La Moneda, para hacer entender a las generaciones venideras que entre la democracia que él encarna y el estado de excepción que se instala no puede haber continuidad, sino sólo crimen, impostura e ignominia.

El siglo XX tiene pocos polĂ­ticos que encarnen un proyecto de futuro; Allende es uno de esos pocos.

dimanche 10 septembre 2023

CE QUE RACONTE VRAIMENT «LA DERNIÈRE PHOTO» DE SALVADOR ALLENDE, LE PRÉSIDENT CHILIEN QUI S’EST DONNÉ LA MORT APRÈS LE COUP D’ETAT MILITAIRE DE 1973

PHOTO LEOPOLDO VICTOR VARGAS /
COURTESY CONTACT PRESS IMAGES


INTERNATIONAL / COUP D'ÉTAT DE 1973 AU CHILI / Ce que raconte vraiment « la derniĂšre photo » de Salvador Allende, le prĂ©sident chilien qui s’est donnĂ© la mort aprĂšs le coup d’Etat militaire de 1973 / RÉCIT / Le 11 septembre 1973, retranchĂ© dans le palais prĂ©sidentiel, Ă  Santiago, face aux putschistes de Pinochet, le prĂ©sident chilien sait ses heures comptĂ©es. Le livre « Septembre au Chili » revient aujourd’hui en dĂ©tail sur l’histoire des derniĂšres images d’Allende, dont le fameux clichĂ© oĂč on le voit, l’arme au poing, dans la cour de la Moneda, quelques heures avant son suicide.

Par Michel Guerrin

PubliĂ© le 10 septembre 2023 

Temps de Lecture 8 min.

Dans quelques heures, Salvador Allende va mourir en se tirant une balle dans la tĂȘte, mais, Ă  9 h 45, ce 11 septembre 1973, le prĂ©sident du Chili a encore une allure de combattant. L’armĂ©e a lancĂ© un putsch Ă  la fraĂźche. RetranchĂ© dans son palais de la Moneda, Ă  Santiago, il descend dans la cour avec des fidĂšles. Il a 65 ans. Le casque est de travers et la sangle pend, la veste en tweed tient par le bouton du bas, le chandail est incongru, le pas hĂ©sitant, mais la main droite serre fermement un fusil automatique AK47 tenu Ă  l’épaule. Un cadeau du Cubain Fidel Castro. Son regard fixe le ciel. Il voit passer trĂšs bas les avions de chasse Hawker Hunter. C’est de lĂ  que viendront les bombardements des militaires.

Tout cela, on le voit et on le sent sur une photo devenue iconique, archi-diffusĂ©e et publiĂ©e ces cinq dĂ©cennies derniĂšres – journaux, livres, expositions, confĂ©rences, films documentaires
 Le magazine amĂ©ricain Time l’a retenue en 2016 parmi ses 100 photos les plus importantes jamais faites. Des historiens l’ont dĂ©cortiquĂ©e et mise en regard avec cinq autres, prises un peu avant et un peu aprĂšs, l’ensemble constituant une mine d’informations sur les derniĂšres heures d’Allende. Six images, donc, mais celle-ci Ă©crase les autres, au point d’ĂȘtre communĂ©ment surnommĂ©e « la derniĂšre photo d’Allende ».

Il faut dire qu’elle montre ce qu’on ne voit jamais, le moment-clĂ©, oĂč l’histoire bascule, l’instant oĂč un homme Ă©lu dĂ©mocratiquement vacille face Ă  un coup d’Etat dans un continent qui en Ă©tait alors friand. Le clichĂ© est devenu un symbole de rĂ©sistance. Mais aussi de l’impuissance d’un dirigeant pris en Ă©tau entre une aile gauche radicale prĂ©fĂ©rant « les fusils au vote » et une droite prĂȘte Ă  attiser le dĂ©sordre Ă©conomique avec le soutien du prĂ©sident amĂ©ricain, Richard Nixon, lequel qualifiait son homologue chilien de « fils de pute ».

Il y a aussi le personnage Allende. Toute la gauche europĂ©enne est fascinĂ©e par ce grand bourgeois qui a pris le pouvoir par les urnes et l’exerce par la rĂ©forme, Ă  l’opposĂ© de la rĂ©volution Ă  la cubaine. Cette gauche observe Ă  la loupe les trois ans du gouvernement d’UnitĂ© populaire, notamment en France, oĂč socialistes et communistes se cherchent. Alors, voir ce chirurgien de formation avec une mitraillette


« Un Mitterrand l’arme au poing », rĂ©sume Robert Pledge, directeur de l’agence photo Contact, qui avait interviewĂ© Allende en 1971. M. Pledge, aujourd’hui ĂągĂ© de 81 ans, rĂ©sume bien l’émotion planĂ©taire, au moment du coup d’Etat de 1973. On lui demande comment lui-mĂȘme l’a appris, et il a cette rĂ©ponse : « Je me trouvais dans une cabine tĂ©lĂ©phonique de la 5e avenue, Ă  New York. C’est la premiĂšre fois de ma vie que je pleurais pour des raisons politiques. »

L’énigmatique photographe

Robert Pledge est le chef d’orchestre d’un livre Ă©mouvant et tout frais, Septembre au Chili, 1971-1973 (Atelier EXB, 192 p., 49 €), dans lequel il publie et documente « la derniĂšre photo d’Allende », tout en l’accompagnant de deux reportages photos : celui du Français Raymond Depardon en 1971 dans le Chili d’Allende, et celui de l’AmĂ©ricain David Burnett pendant le putsch. La fameuse photo incarne le passage entre le Chili d’Allende et celui de Pinochet. Pour la jeunesse locale, elle marque la fin d’une insouciance, « des cheveux longs, des minijupes et des pantalons pattes d’ef », la fin d’une musique avant que le pays ne tombe dans le silence, Ă©crit la journaliste, Ă©crivaine et enseignante chilienne Alejandra Matus, toujours dans le livre Septembre au Chili.

De cette photo, on sait Ă  peu prĂšs tout. L’heure, le lieu, les circonstances. Elle est prise au moment oĂč Allende, aprĂšs avoir quittĂ© son bureau au deuxiĂšme Ă©tage du palais prĂ©sidentiel, en plein cƓur de Santiago, jauge les capacitĂ©s de dĂ©fense du bĂątiment. On en connaĂźt aussi les protagonistes : devant le chef d’Etat, ses gardes du corps en armes, « Miguel » et « Mauricio » ; ils feront partie des quelque 3 200 disparus de la dictature.

LE PRÉSIDENT CHILIEN SALVADOR ALLENDE
(AU CENTRE) AU PALAIS DE LA MONEDA,
 Ă€ SANTIAGO, LE 11 SEPTEMBRE 1973.
PHOTO LEOPOLDO VICTOR VARGAS 

DerriĂšre le prĂ©sident, Ă  sa droite, JosĂ© Munoz, le capitaine de la garde prĂ©sidentielle ; Ă  sa gauche, son mĂ©decin personnel et ami, Danilo Bartulin, reconnaissable Ă  sa moustache d’encre, qui fut ensuite emprisonnĂ© et torturĂ©, avant de pouvoir s’exiler. On sait tout de l’image, mais le nom de son auteur a longtemps Ă©tĂ© une Ă©nigme. Aujourd’hui encore, il conserve une pincĂ©e d’incertitude.


Le Monde Application

La Matinale du Monde

Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer

Télécharger l'application

C’est le New York Times qui la rĂ©vĂšle, le 26 janvier 1974, soit plus de quatre mois aprĂšs le putsch. Le journal la publie avec une autre oĂč l’on voit Allende dans son bureau au tĂ©lĂ©phone. A l’époque, le quotidien amĂ©ricain publie trĂšs peu de photos, mais, estimant qu’il s’agit de documents historiques, il les affiche en premiĂšre page. Il ne donne aucun nom d’auteur. Le sait-il ? De toute façon, le simple fait de rĂ©vĂ©ler un nom mettrait en danger la personne en question. Le retentissement dans le monde entier est Ă©norme. Quatre mois plus tard, en mars 1974, le portrait d’Allende armĂ© est Ă©lu photo de l’annĂ©e 1973 par le World Press, Ă  Amsterdam, le prix le plus prestigieux du photojournalisme. L’auteur, lui, est toujours anonyme et le restera longtemps.

SALVADOR ALLENDE, AU PALAIS DE LA MONEDA, À SANTIAGO,
 LE 11 SEPTEMBRE 1973.
PHOTO LEOPOLDO VICTOR VARGAS
/ COURTESY CONTACT PRESS IMAGES

Surgit enfin, en 2007, un nom, celui d’Orlando Lagos. Ses proches ont attendu sa mort pour dire qu’il est l’auteur de la photo d’Allende. C’est crĂ©dible, bien plus que quatre ou cinq autres noms, mentionnĂ©s au grĂ© des annĂ©es, certains farfelus. Lagos Ă©tait le chef des photographes de la prĂ©sidence sous Allende. SurnommĂ© « El Chico », il Ă©tait petit de taille et grand de rĂ©putation. Lui n’a jamais revendiquĂ© publiquement la paternitĂ© de ce clichĂ© historique, mais son entourage livre beaucoup de dĂ©tails, a priori fiables, sur les circonstances de la prise de vue.

« Je viens travailler »

Et puis, le 26 mars 2012, un autre nom est dĂ©voilĂ©, cette fois dans un long texte du journaliste et Ă©crivain chilien Hermes Benitez, publiĂ© sur le site Piensa Chile. Son rĂ©cit est confortĂ© et prĂ©cisĂ© par l’enquĂȘte de Robert Pledge dans le livre Septembre au Chili. Selon Benitez et Pledge, le mystĂ©rieux photographe serait, en rĂ©alitĂ©, un certain Leopoldo Victor Vargas (1933-2011), un sous-officier de l’armĂ©e de l’air, spĂ©cialiste de vues aĂ©riennes. AffectĂ© comme photographe auprĂšs de la prĂ©sidence de la RĂ©publique de 1964 Ă  1973, il Ă©tait chargĂ© de couvrir les Ă©vĂ©nements officiels dans le pays. Un militaire, donc, mais « en civil et costume cravate », Ă©crit Hermes Benitez.

D’aprĂšs lui et Robert Pledge, les trois fils du photographe, Polo, Marcos et Alex, ont recueilli le tĂ©moignage de leur pĂšre, et l’ont mĂȘme enregistrĂ©, ce dernier leur demandant de ne rien dire jusqu’à sa mort. Pendant trente-huit ans, ils ont gardĂ© le secret, laissant d’autres clamer leur vĂ©ritĂ© sur ce mystĂšre. « Certains ont abusĂ© du silence de mon pĂšre », dit Marcos Vargas sur Flickr, en 2015. La journĂ©e du 11 septembre 1973 de Leopoldo Vargas est donc son tĂ©moignage, tel qu’il est restituĂ© par ses enfants.

Le matin du coup d’Etat, les bus Ă©tant Ă  l’arrĂȘt, le militaire se rend Ă  la Moneda, Ă  pied, croisant des soldats et des chars. Il entre dans le palais par une petite porte latĂ©rale. « Que fais-tu ici, tu ne sais pas ce qui se passe ? », lui lance un lieutenant. « Je viens travailler », rĂ©pond-il, rejoignant son bureau.

Le tĂ©lĂ©phone sonne Ă  8 h 45. La prĂ©sidence demande un photographe. Vargas saisit un appareil Canon chargĂ© d’un film et accourt. Sa premiĂšre photo est celle d’Allende au tĂ©lĂ©phone, Ă©coutant un membre de la junte militaire lui demander de se rendre. D’une voix furibarde, Allende lui rĂ©torque : « Faites ce que vous voulez, enfoirĂ©s ! » Puis le prĂ©sident prononce son dernier discours, diffusĂ© sur une radio, dans lequel il a cette formule : « Je paierai par ma vie ma loyautĂ© au peuple. »

À un moment, Allende remarque Vargas et l’apostrophe : « Au lieu de porter un appareil photo, tu ferais mieux de porter une arme ! » Est-ce la raison pour laquelle il ne prend que six photos d’un moment historique ? Nul ne sait. Allende obtient une sorte de cessez-le-feu pour que le personnel puisse quitter la Moneda, ajoutant qu’il sera le dernier Ă  sortir. Vargas s’exĂ©cute, mais c’est une pluie de tirs et de bombes qu’il rencontre.

« LégÚreté ahurissante »

Le matĂ©riel et les archives du service photo de la prĂ©sidence, oĂč travaillaient sept personnes, seront dĂ©truits par les bombardements puis par la junte de Pinochet, dĂ©cidĂ©e Ă  effacer la mĂ©moire visuelle de la prĂ©sidence d’Allende, dit Robert Pledge. Ce dernier constate qu’en sauvant sa peau Vargas sauve les six nĂ©gatifs, dont il n’effectuera des tirages que « plusieurs semaines plus tard ».

Vargas rĂ©alise deux jeux de tirages (soit douze photos en tout), le premier au format 20 × 25 cm, l’autre en 13 × 18 cm, et les cache dans son grenier. DĂ©sireux de les diffuser Ă  l’étranger, il est indirectement mis en contact avec un journaliste amĂ©ricain, Jonathan Kandell, qui travaille pour le New York Times Ă  Santiago. Vargas lui cĂšde, contre 3 000 dollars (2 798 euros), les six tirages les plus grands et aussi les nĂ©gatifs. Mais chacun ignore tout de l’autre : nom, employeur, etc.

Pourquoi croire les enfants de Leopoldo Vargas et non les proches d’Orlando Lagos ? Parce qu’ils sont en possession du jeu des six petits tirages, recadrĂ©s sur Allende, un peu jaunis aussi. Robert Pledge les a vus et regardĂ©s de prĂšs, lors de sa rencontre Ă  New York avec Marcos Vargas, l’un des fils. Il ajoute : « Ces tirages sont d’autant plus prĂ©cieux que les nĂ©gatifs et le jeu du New York Times ont mystĂ©rieusement disparu. Aucune trace dans leurs archives ! Des numĂ©risations avaient Ă©tĂ© faites, mais tout de mĂȘme
 » Autre preuve qui penche pour Vargas, ajoute M. Pledge : le mĂ©decin Danilo Bartulin s’est souvenu de lui photographiant Allende le 11 septembre Ă  la Moneda.

Certains continuent pourtant de croire qu’Orlando Lagos est l’auteur du clichĂ©. Le World Press, qui affiche toujours le nom de ce dernier sur son site Internet, fait savoir au Monde qu’il est « prĂȘt Ă  rĂ©examiner tout nouvelle preuve dans cette affaire ».

Une ultime révélation

En fait, personne ne peut prouver Ă  100 % que Vargas est l’auteur de la photo. Et puis, le profil d’Orlando Lagos cadre mieux avec les standards glorieux du mĂ©tier de photoreporter ; il a, en tout cas, plus d’allure que celui de Vargas, un soldat qui dĂ©clenche sans trop se soucier de composition et qui, aprĂšs le coup d’Etat, retourne au service photo de l’armĂ©e de l’air avant de prendre sa retraite en 1982. « Vargas Ă©tait un militaire, un homme de devoir, un photographe fonctionnaire aux journĂ©es millimĂ©trĂ©es, loyal et rĂ©servĂ©, pris dans un Ă©vĂ©nement exceptionnel, cerne Robert Pledge. Il ne voulait pas tirer la couverture Ă  lui, mais il a bien dit Ă  ses enfants qu’il Ă©tait l’auteur des six photos. »

Ce profil fait penser au dĂ©bat apparu juste aprĂšs le prix du World Press attribuĂ© Ă  « la derniĂšre photo d’Allende ». Certains se sont demandĂ© pourquoi donner des prix Ă  des auteurs dans le champ de la photo de presse, estimant que, souvent, ce n’est pas le photographe qui fait la bonne photo mais l’évĂ©nement.

Dans le livre Septembre au Chili, Robert Pledge fournit une derniĂšre rĂ©vĂ©lation. Il nous apprend que le jour de sa prise de fonctions, le 3 novembre 1970, Salvador Allende avait posĂ© devant un photographe alors qu’il Ă©tait assis dans un fauteuil d’apparat. Il fera de l’image son portrait officiel, diffusĂ© un peu partout Ă  travers le pays. Le photographe ? Leopoldo Vargas, cet homme discret qui a probablement enregistrĂ© la « naissance » et la mort d’Allende.

Michel Guerrin


SUR LE MÊME SUJET :

mercredi 3 novembre 2021

SALVADOR ALLENDE ASSUME LA PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
FLYER PCCh

Commémoration du 51Úme anniversaire
du triomphe de l'UnitĂ© populaire. 
1970 - 3 NOVEMBRE - 2021   
Le 3 novembre 1970 Salvador Allende assume constitutionnellement la présidence de la République.

SUR LE MÊME SUJET :

vendredi 25 juin 2021

113Ăšme ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE DE SALVADOR ALLENDE

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
SALVADOR GUILLERMO ALLENDE GOSSENS, NÉ LE 26 JUIN 1908 À SANTIAGO DU CHILI ET MORT LE 11 SEPTEMBRE 1973 IBIDEM. IL FUT MÉDECIN ET HOMME D'ÉTAT SOCIALISTE, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU CHILI DU 3 NOVEMBRE 1970 AU 11 SEPTEMBRE 1973.
PrĂ©sident du Chili sous le gouvernement d'UnitĂ© populaire, Salvador Allende restera dans l'histoire comme le premier leader politique ayant dirigĂ© une tentative de «transition pacifique » et dans la lĂ©galitĂ© vers le socialisme. 


lundi 4 novembre 2019

DISCOURS DE SALVADOR ALLENDE À L'ONU EN 1972

« DISCOURS DE SALVADOR ALLENDE À L'ONU EN 1972 Â» 
[ Cliquez sur la flĂšche pour voir la vidĂ©o ] 

    dimanche 3 novembre 2019

    SALVADOR ALLENDE ASSUME LA PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE


    [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

    SALVADOR ALLENDE ASSUME LA
    PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE
    CommĂ©moration du 49Ăšme anniversaire du triomphe de l'UnitĂ© populaire. 
    1970 - 3 NOVEMBRE - 2019 
    Le 3 novembre 1970 Salvador Allende assume constitutionnellement la présidence de la République.
    SALVADOR ALLENDE ASSUME LA 
    PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE
    Le citoyen Salvador Allende Gossens, Président de la République du Chili pour la durée comprise entre le 3 novembre 1970 et le 3 novembre 1976.

    dimanche 16 septembre 2018

    L’ASSASSINAT DE LA DÉMOCRATIE CHILIENNE A AUSSI EU LIEU UN 11 SEPTEMBRE


    [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

    En ce jour oĂč l’on commĂ©more les attentats terroristes du 11 septembre, le Dr Tomasz Pierscionek se souvient d’une tragĂ©die qui a aussi endeuillĂ© un 11 septembre. À l’occasion de la 17Ăšme commĂ©moration des attentats terroristes du 11 septembre, nous pleurons la mort de prĂšs de 3 000 personnes. Les Ă©vĂ©nements qui ont suivi les attentats ont fini par Ă©clipser la tragĂ©die elle-mĂȘme, et les ondes de choc Ă©mises il y a prĂšs de deux dĂ©cennies rĂ©sonnent encore dans le monde entier.
    INTRODUCTION TO CHILE: 
    A CARTOON HISTORY
    Un rapport publiĂ© en 2006 - Tendances du terrorisme mondial : Implications pour les États-Unis - qui rĂ©unit les conclusions de 16 agences de renseignement Ă©tasuniennes diffĂ©rentes, a conclu que la guerre en Irak a conduit Ă  une augmentation du terrorisme international. Le sentiment d’empathie qui a suivi le 11 septembre a Ă©tĂ© remplacĂ©, dans certaines parties du monde, par un fort sentiment anti-occidental. Les effets Ă  long terme des conflits qui ont suivi le 11 septembre 2001 se feront sentir lorsque les nombreux orphelins ou enfants psychologiquement marquĂ©s par les guerres en Irak, en Afghanistan, en Libye et ailleurs seront devenus adultes.

    De nombreux habitants de la planĂšte se souviennent des Ă©vĂ©nements du 11 septembre, mais ils sont moins nombreux Ă  se rappeler qu’avant 2001, le 11 septembre avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© une journĂ©e tragique pour ceux qui habitaient dans les pays moins riches du Sud. Le 11 septembre 1973, la dĂ©mocratie en AmĂ©rique latine a Ă©tĂ© durement frappĂ©e, le gouvernement dĂ©mocratiquement Ă©lu au Chili a Ă©tĂ© renversĂ© par un coup d’État appuyĂ© par la CIA, rien de moins. La rĂ©action du prĂ©sident chilien, le Dr Salvador Allende, Ă  cette attaque contre la dĂ©mocratie chilienne a Ă©tĂ© on ne peut plus diffĂ©rente de celle de George W. Bush 28 ans plus tard. Le prĂ©sident Allende s’est battu jusqu’au bout pour la dĂ©mocratie de son pays.

    En tant que candidat de l’Unidad Popular (une coalition de partis de gauche), Allende a Ă©tĂ© Ă©lu prĂ©sident en 1970. ConformĂ©ment Ă  ses idĂ©aux de socialiste et de dĂ©mocrate, il a rapidement commencĂ© Ă  restructurer l’économie chilienne au profit de la majoritĂ© pauvre du pays. Il a nationalisĂ© les mines de cuivre chiliennes rentables appartenant aux États-Unis, allouĂ© des terres aux paysans sans terre, augmentĂ© les salaires des plus pauvres et tentĂ© de crĂ©er une sociĂ©tĂ© plus juste. Ce programme audacieux a rapidement mis Allende en conflit Ă  la fois avec la classe aisĂ©e du Chili et le gouvernement amĂ©ricain.

    Les États-Unis ont soutenu un coup d’État menĂ© par le gĂ©nĂ©ral Augusto Pinochet, chef des forces armĂ©es chiliennes. Le 11 septembre 1973, les Ă©vĂ©nements ont atteint leur paroxysme lorsque les forces de Pinochet ont attaquĂ© la capitale du Chili, Santiago.

    Les Ă©vĂ©nements de cette tragĂ©die du 11 septembre sont soigneusement documentĂ©s dans le livre Chili : L’Autre 11 septembre, qui dĂ©crit heure par heure la journĂ©e tragique d’Allende depuis sa course prĂ©cipitĂ©e dans les rues de Santiago pour rejoindre le Palais prĂ©sidentiel de La Moneda, tĂŽt ce matin-lĂ , aprĂšs avoir entendu parler d’un coup d’État, jusqu’à son dernier combat dans le palais. Allende et quelques dizaines de ses compagnons ont combattu jusqu’au bout, alors que le palais prĂ©sidentiel Ă©tait attaquĂ© par des avions de chasse, des tanks et des troupes fidĂšles Ă  Pinochet. Le prĂ©sident Allende a briĂšvement nĂ©gociĂ© avec les forces belligĂ©rantes pour qu’un certain nombre de membres de son gouvernement, de journalistes et d’autres personnes, dont sa fille Isabel, puissent sortir en toute sĂ©curitĂ© du bĂątiment. Allende lui-mĂȘme a choisi de rester dans le palais. Quand on lui a offert de le laisser partir Ă  condition qu’il s’exile immĂ©diatement, Allende aurait rĂ©pondu : ’Je ne traite pas avec les traĂźtres, et vous, gĂ©nĂ©ral Pinochet, vous ĂȘtes un traĂźtre’.

    Le prĂ©sident Allende, qui se considĂ©rait comme le premier travailleur chilien et le gardien du pays, a dĂ©cidĂ© de lutter pour la dĂ©mocratie chilienne jusqu’à la toute derniĂšre seconde de sa vie. AprĂšs des heures de combat, il a choisi le suicide plutĂŽt que la reddition. Pendant des heures, Allende et trois douzaines de compagnons ont combattu les forces de Pinochet pendant que la Moneda et la dĂ©mocratie chilienne s’effondraient dans les flammes autour d’eux. Au cours de ses trois annĂ©es de prĂ©sidence, Allende a respectĂ© le droit constitutionnel et, contrairement Ă  certains dirigeants ’socialistes’, il n’a pris aucune mesure de rĂ©pression contre ses opposants. Jusqu’à la toute fin, Mme Allende est demeurĂ©e une combattante passionnĂ©e de la dĂ©mocratie. Ce qui avait commencĂ© des annĂ©es auparavant comme une lutte politique ardente contre les ennemis de la classe ouvriĂšre chilienne s’est achevĂ© par une lutte armĂ©e pour la vie ou la mort contre le fascisme, l’ennemi de tous.

    Plus de 3 000 personnes ont perdu la vie dans la rĂ©pression et les exĂ©cutions sommaires qui ont suivi le coup d’État de 1973. Pendant les 17 annĂ©es de dictature de Pinochet, environ 40 000 personnes ont Ă©tĂ© emprisonnĂ©es et torturĂ©es.

    Peu avant sa mort, Allende a prononcé un dernier discours qui a été diffusé depuis La Moneda :
    ’Travailleurs de mon pays, je crois au Chili et en son destin. D’autres hommes surmonteront ce moment sombre et amer oĂč la trahison cherche Ă  l’emporter. Allez de l’avant en sachant que, tĂŽt ou tard, de grandes avenues s’ouvriront Ă  nouveau et que les hommes libres les emprunteront pour construire une sociĂ©tĂ© meilleure.’
    ’Vive le Chili ! Vive le peuple ! Vive les travailleurs !’
    ’Ce sont mes derniĂšres paroles, et je suis certain que mon sacrifice ne sera pas vain, je suis certain qu’à tout le moins, ce sera une leçon morale Ă  l’aune de laquelle le crime, la lĂąchetĂ© et la trahison seront jugĂ©s.’
    Est-ce qu’un dirigeant europĂ©en ou nord-amĂ©ricain se battrait aussi courageusement pour la dĂ©mocratie ? Est-ce qu’un seul aurait mĂȘme le courage d’honorer ses propres idĂ©aux bellicistes en allant sur la ligne de front de la soi-disant ’guerre contre le terrorisme’ ?

    Le sombre hĂ©ritage de Pinochet pĂšse encore lourdement sur le Chili, et ce n’est qu’une pierre parmi toutes celles qui composent la mosaĂŻque des dictatures militaires issues des coups d’État commanditĂ©s par la CIA en AmĂ©rique Latine. Les gouvernements dĂ©mocratiques ont Ă©tĂ© balayĂ©s par des rĂ©gimes de droite brutaux qui se conformaient au modĂšle Ă©conomique nĂ©olibĂ©ral d’extrĂȘme droite adoptĂ© par la ‘Chicago School’, trĂšs proche de l’idĂ©ologue du libre marchĂ© Milton Friedman.

    Il y a quelques jours, 45 ans aprĂšs le coup d’Etat de 1973, une marche a eu lieu dans la capitale chilienne, Santiago, pour commĂ©morer les victimes du rĂ©gime de Pinochet qui a durĂ© 17 ans. Certains manifestants portaient des photographies d’individus que l’appareil de sĂ©curitĂ© de l’ancien dictateur avait fait disparaĂźtre. PrĂšs d’un demi-siĂšcle plus tard, de nombreuses familles chiliennes ne savent toujours pas ce qui est arrivĂ© Ă  leurs proches, ni oĂč ils sont enterrĂ©s, et cela les hante. On a toujours pas retrouvĂ© la trace de plus de1 000 ‘disparus’ du rĂ©gime de Pinochet. Une poignĂ©e d’anciens agents des services de renseignement, ayant servi dans diffĂ©rents services de l’armĂ©e, ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s ou inculpĂ©s de crimes commis Ă  l’époque de Pinochet, mais d’autres ont sans aucun doute Ă©chappĂ© Ă  la justice et d’autres encore ont Ă©tĂ© graciĂ©s ou libĂ©rĂ©s rapidement, ce qui a suscitĂ© l’indignation des personnes en quĂȘte de vĂ©ritĂ© et de justice.

    Pinochet lui-mĂȘme a Ă©chappĂ© Ă  la justice et n’a ’subi’ que 16 mois d’assignation Ă  rĂ©sidence dans un manoir londonien, tout en recevant le soutien moral de son amie Margaret Thatcher, avant de retourner au Chili oĂč il a vĂ©cu ses derniĂšres annĂ©es dans le confort et est mort sans avoir Ă©tĂ© condamnĂ© pour aucun crime. Pinochet a Ă©tĂ© le parfait exemple de dictateur cĂ©lĂ©brĂ© par les puissances occidentales, un dictateur dont les atrocitĂ©s sont passĂ©es sous silence tant qu’il sacrifie sa nation sur l’autel du capitalisme de libre marchĂ©.

    Tomasz Pierscionek

    Tomasz Pierscionek est mĂ©decin psychiatre. Il a Ă©tĂ© membre du conseil d’administration de l’association caritative Medact, rĂ©dacteur en chef du London Progressive Journal et a Ă©tĂ© l’invitĂ© de Sputnik, de RT et de Kalima Horra d’Al-Mayadeen.