mercredi 10 septembre 2025

ANIVERSARIO DEL GOLPE DE ESTADO EN CHILE

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FLYER PCCH

1973 - 11 de septiembre - 2025
52 aniversario del golpe de Estado
contra el presidente Salvador Allende
Las conmemoraciones son fastidiosas cuando desenrollan su mecánica solemne de discursos y elogios; en cambio, cuando restituyen un legado e iluminan así nuestro presente, son no sólo útiles sino necesarias. Es en esta óptica que conmemoramos hoy el cincuentenario del golpe de Estado en Chile que derrocó al socialista Salvador Allende..
Allende está delante de nosotros, en el horizonte de nuestras más actuales preocupaciones. Pese a las mutaciones del mundo, somos y seguimos siendo allendistas, es decir, fieles a una promesa política que los años pasados no han hecho más que fortalecer.
Chili / élection présidentielle le 16 novembre 2025.
JANNETTE JARA PRÉSIDENTE

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 
Muchísimas plazas, calles y escuelas llevan hoy su nombre y de esto nos alegramos. Pero es de temer que para las generaciones futuras, su acción política no se reduzca sino a los lugares comunes que resumen una época: “socialismo”, “revolución”, “intervención norteamericana”, “golpe de estado”. La celebración de los cincuenta y cuatro años de la Unidad Popular debe permitirnos redescubrir, a través de esta multitud de clichés, la singularidad del mensaje de Salvador Allende.

Chile, 1970. Un pequeño país del fin del mundo va a suscitar el interés, la curiosidad y la admiración del mundo entero. A la cabeza de una coalición de fuerzas de izquierda, la Unidad Popular, Allende acaba de acceder al poder para realizar un programa político nunca visto antes: la instauración progresiva de un modelo socialista en el marco democrático. El proyecto es revolucionario, en el más noble sentido del término, es decir, perfectamente nuevo. Es la “vía chilena al socialismo”. Sin armas, sin dictadura, sin sumisión; nada más que las urnas, la conciencia política del pueblo, las leyes.

Las lecciones del estalinismo parecen haber sido aprendidas, la guerrilla descartada como alternativa política; Allende no aparece como un teórico, ni como aventurero, él conoce su país, ha estado en todas las luchas, y tiene detrás suyo viejos partidos con una profunda raigambre popular. Su objetivo es claro y puede resumirse en una palabra: más justicia social. La conmoción será terrible, la oposición feroz, un gran país como Estados unidos sentirá rápidamente crecer la amenaza y tratará de destruirla por todos los medios. Lo que viene después lo sabemos. Allende morirá en el palacio de La Moneda, para hacer entender a las generaciones venideras que entre la democracia que él encarna y el estado de excepción que se instala no puede haber continuidad, sino sólo crimen, impostura e ignominia.

El siglo XX tiene pocos políticos que encarnen un proyecto de futuro; Allende es uno de esos pocos.

dimanche 10 septembre 2023

CE QUE RACONTE VRAIMENT «LA DERNIÈRE PHOTO» DE SALVADOR ALLENDE, LE PRÉSIDENT CHILIEN QUI S’EST DONNÉ LA MORT APRÈS LE COUP D’ETAT MILITAIRE DE 1973

PHOTO LEOPOLDO VICTOR VARGAS /
COURTESY CONTACT PRESS IMAGES


INTERNATIONAL / COUP D'ÉTAT DE 1973 AU CHILI / Ce que raconte vraiment « la dernière photo » de Salvador Allende, le président chilien qui s’est donné la mort après le coup d’Etat militaire de 1973 / RÉCIT / Le 11 septembre 1973, retranché dans le palais présidentiel, à Santiago, face aux putschistes de Pinochet, le président chilien sait ses heures comptées. Le livre « Septembre au Chili » revient aujourd’hui en détail sur l’histoire des dernières images d’Allende, dont le fameux cliché où on le voit, l’arme au poing, dans la cour de la Moneda, quelques heures avant son suicide.

Par Michel Guerrin

Publié le 10 septembre 2023 

Temps de Lecture 8 min.

Dans quelques heures, Salvador Allende va mourir en se tirant une balle dans la tête, mais, à 9 h 45, ce 11 septembre 1973, le président du Chili a encore une allure de combattant. L’armée a lancé un putsch à la fraîche. Retranché dans son palais de la Moneda, à Santiago, il descend dans la cour avec des fidèles. Il a 65 ans. Le casque est de travers et la sangle pend, la veste en tweed tient par le bouton du bas, le chandail est incongru, le pas hésitant, mais la main droite serre fermement un fusil automatique AK47 tenu à l’épaule. Un cadeau du Cubain Fidel Castro. Son regard fixe le ciel. Il voit passer très bas les avions de chasse Hawker Hunter. C’est de là que viendront les bombardements des militaires.

Tout cela, on le voit et on le sent sur une photo devenue iconique, archi-diffusée et publiée ces cinq décennies dernières – journaux, livres, expositions, conférences, films documentaires… Le magazine américain Time l’a retenue en 2016 parmi ses 100 photos les plus importantes jamais faites. Des historiens l’ont décortiquée et mise en regard avec cinq autres, prises un peu avant et un peu après, l’ensemble constituant une mine d’informations sur les dernières heures d’Allende. Six images, donc, mais celle-ci écrase les autres, au point d’être communément surnommée « la dernière photo d’Allende ».

Il faut dire qu’elle montre ce qu’on ne voit jamais, le moment-clé, où l’histoire bascule, l’instant où un homme élu démocratiquement vacille face à un coup d’Etat dans un continent qui en était alors friand. Le cliché est devenu un symbole de résistance. Mais aussi de l’impuissance d’un dirigeant pris en étau entre une aile gauche radicale préférant « les fusils au vote » et une droite prête à attiser le désordre économique avec le soutien du président américain, Richard Nixon, lequel qualifiait son homologue chilien de « fils de pute ».

Il y a aussi le personnage Allende. Toute la gauche européenne est fascinée par ce grand bourgeois qui a pris le pouvoir par les urnes et l’exerce par la réforme, à l’opposé de la révolution à la cubaine. Cette gauche observe à la loupe les trois ans du gouvernement d’Unité populaire, notamment en France, où socialistes et communistes se cherchent. Alors, voir ce chirurgien de formation avec une mitraillette…

« Un Mitterrand l’arme au poing », résume Robert Pledge, directeur de l’agence photo Contact, qui avait interviewé Allende en 1971. M. Pledge, aujourd’hui âgé de 81 ans, résume bien l’émotion planétaire, au moment du coup d’Etat de 1973. On lui demande comment lui-même l’a appris, et il a cette réponse : « Je me trouvais dans une cabine téléphonique de la 5e avenue, à New York. C’est la première fois de ma vie que je pleurais pour des raisons politiques. »

L’énigmatique photographe

Robert Pledge est le chef d’orchestre d’un livre émouvant et tout frais, Septembre au Chili, 1971-1973 (Atelier EXB, 192 p., 49 €), dans lequel il publie et documente « la dernière photo d’Allende », tout en l’accompagnant de deux reportages photos : celui du Français Raymond Depardon en 1971 dans le Chili d’Allende, et celui de l’Américain David Burnett pendant le putsch. La fameuse photo incarne le passage entre le Chili d’Allende et celui de Pinochet. Pour la jeunesse locale, elle marque la fin d’une insouciance, « des cheveux longs, des minijupes et des pantalons pattes d’ef », la fin d’une musique avant que le pays ne tombe dans le silence, écrit la journaliste, écrivaine et enseignante chilienne Alejandra Matus, toujours dans le livre Septembre au Chili.

De cette photo, on sait à peu près tout. L’heure, le lieu, les circonstances. Elle est prise au moment où Allende, après avoir quitté son bureau au deuxième étage du palais présidentiel, en plein cœur de Santiago, jauge les capacités de défense du bâtiment. On en connaît aussi les protagonistes : devant le chef d’Etat, ses gardes du corps en armes, « Miguel » et « Mauricio » ; ils feront partie des quelque 3 200 disparus de la dictature.

LE PRÉSIDENT CHILIEN SALVADOR ALLENDE
(AU CENTRE) AU PALAIS DE LA MONEDA,
 À SANTIAGO, LE 11 SEPTEMBRE 1973.
PHOTO LEOPOLDO VICTOR VARGAS 

Derrière le président, à sa droite, José Munoz, le capitaine de la garde présidentielle ; à sa gauche, son médecin personnel et ami, Danilo Bartulin, reconnaissable à sa moustache d’encre, qui fut ensuite emprisonné et torturé, avant de pouvoir s’exiler. On sait tout de l’image, mais le nom de son auteur a longtemps été une énigme. Aujourd’hui encore, il conserve une pincée d’incertitude.


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C’est le New York Times qui la révèle, le 26 janvier 1974, soit plus de quatre mois après le putsch. Le journal la publie avec une autre où l’on voit Allende dans son bureau au téléphone. A l’époque, le quotidien américain publie très peu de photos, mais, estimant qu’il s’agit de documents historiques, il les affiche en première page. Il ne donne aucun nom d’auteur. Le sait-il ? De toute façon, le simple fait de révéler un nom mettrait en danger la personne en question. Le retentissement dans le monde entier est énorme. Quatre mois plus tard, en mars 1974, le portrait d’Allende armé est élu photo de l’année 1973 par le World Press, à Amsterdam, le prix le plus prestigieux du photojournalisme. L’auteur, lui, est toujours anonyme et le restera longtemps.

SALVADOR ALLENDE, AU PALAIS DE LA MONEDA, À SANTIAGO,
 LE 11 SEPTEMBRE 1973.
PHOTO LEOPOLDO VICTOR VARGAS
/ COURTESY CONTACT PRESS IMAGES

Surgit enfin, en 2007, un nom, celui d’Orlando Lagos. Ses proches ont attendu sa mort pour dire qu’il est l’auteur de la photo d’Allende. C’est crédible, bien plus que quatre ou cinq autres noms, mentionnés au gré des années, certains farfelus. Lagos était le chef des photographes de la présidence sous Allende. Surnommé « El Chico », il était petit de taille et grand de réputation. Lui n’a jamais revendiqué publiquement la paternité de ce cliché historique, mais son entourage livre beaucoup de détails, a priori fiables, sur les circonstances de la prise de vue.

« Je viens travailler »

Et puis, le 26 mars 2012, un autre nom est dévoilé, cette fois dans un long texte du journaliste et écrivain chilien Hermes Benitez, publié sur le site Piensa Chile. Son récit est conforté et précisé par l’enquête de Robert Pledge dans le livre Septembre au Chili. Selon Benitez et Pledge, le mystérieux photographe serait, en réalité, un certain Leopoldo Victor Vargas (1933-2011), un sous-officier de l’armée de l’air, spécialiste de vues aériennes. Affecté comme photographe auprès de la présidence de la République de 1964 à 1973, il était chargé de couvrir les événements officiels dans le pays. Un militaire, donc, mais « en civil et costume cravate », écrit Hermes Benitez.

D’après lui et Robert Pledge, les trois fils du photographe, Polo, Marcos et Alex, ont recueilli le témoignage de leur père, et l’ont même enregistré, ce dernier leur demandant de ne rien dire jusqu’à sa mort. Pendant trente-huit ans, ils ont gardé le secret, laissant d’autres clamer leur vérité sur ce mystère. « Certains ont abusé du silence de mon père », dit Marcos Vargas sur Flickr, en 2015. La journée du 11 septembre 1973 de Leopoldo Vargas est donc son témoignage, tel qu’il est restitué par ses enfants.

Le matin du coup d’Etat, les bus étant à l’arrêt, le militaire se rend à la Moneda, à pied, croisant des soldats et des chars. Il entre dans le palais par une petite porte latérale. « Que fais-tu ici, tu ne sais pas ce qui se passe ? », lui lance un lieutenant. « Je viens travailler », répond-il, rejoignant son bureau.

Le téléphone sonne à 8 h 45. La présidence demande un photographe. Vargas saisit un appareil Canon chargé d’un film et accourt. Sa première photo est celle d’Allende au téléphone, écoutant un membre de la junte militaire lui demander de se rendre. D’une voix furibarde, Allende lui rétorque : « Faites ce que vous voulez, enfoirés ! » Puis le président prononce son dernier discours, diffusé sur une radio, dans lequel il a cette formule : « Je paierai par ma vie ma loyauté au peuple. »

À un moment, Allende remarque Vargas et l’apostrophe : « Au lieu de porter un appareil photo, tu ferais mieux de porter une arme ! » Est-ce la raison pour laquelle il ne prend que six photos d’un moment historique ? Nul ne sait. Allende obtient une sorte de cessez-le-feu pour que le personnel puisse quitter la Moneda, ajoutant qu’il sera le dernier à sortir. Vargas s’exécute, mais c’est une pluie de tirs et de bombes qu’il rencontre.

« Légèreté ahurissante »

Le matériel et les archives du service photo de la présidence, où travaillaient sept personnes, seront détruits par les bombardements puis par la junte de Pinochet, décidée à effacer la mémoire visuelle de la présidence d’Allende, dit Robert Pledge. Ce dernier constate qu’en sauvant sa peau Vargas sauve les six négatifs, dont il n’effectuera des tirages que « plusieurs semaines plus tard ».

Vargas réalise deux jeux de tirages (soit douze photos en tout), le premier au format 20 × 25 cm, l’autre en 13 × 18 cm, et les cache dans son grenier. Désireux de les diffuser à l’étranger, il est indirectement mis en contact avec un journaliste américain, Jonathan Kandell, qui travaille pour le New York Times à Santiago. Vargas lui cède, contre 3 000 dollars (2 798 euros), les six tirages les plus grands et aussi les négatifs. Mais chacun ignore tout de l’autre : nom, employeur, etc.

Pourquoi croire les enfants de Leopoldo Vargas et non les proches d’Orlando Lagos ? Parce qu’ils sont en possession du jeu des six petits tirages, recadrés sur Allende, un peu jaunis aussi. Robert Pledge les a vus et regardés de près, lors de sa rencontre à New York avec Marcos Vargas, l’un des fils. Il ajoute : « Ces tirages sont d’autant plus précieux que les négatifs et le jeu du New York Times ont mystérieusement disparu. Aucune trace dans leurs archives ! Des numérisations avaient été faites, mais tout de même… » Autre preuve qui penche pour Vargas, ajoute M. Pledge : le médecin Danilo Bartulin s’est souvenu de lui photographiant Allende le 11 septembre à la Moneda.

Certains continuent pourtant de croire qu’Orlando Lagos est l’auteur du cliché. Le World Press, qui affiche toujours le nom de ce dernier sur son site Internet, fait savoir au Monde qu’il est « prêt à réexaminer tout nouvelle preuve dans cette affaire ».

Une ultime révélation

En fait, personne ne peut prouver à 100 % que Vargas est l’auteur de la photo. Et puis, le profil d’Orlando Lagos cadre mieux avec les standards glorieux du métier de photoreporter ; il a, en tout cas, plus d’allure que celui de Vargas, un soldat qui déclenche sans trop se soucier de composition et qui, après le coup d’Etat, retourne au service photo de l’armée de l’air avant de prendre sa retraite en 1982. « Vargas était un militaire, un homme de devoir, un photographe fonctionnaire aux journées millimétrées, loyal et réservé, pris dans un événement exceptionnel, cerne Robert Pledge. Il ne voulait pas tirer la couverture à lui, mais il a bien dit à ses enfants qu’il était l’auteur des six photos. »

Ce profil fait penser au débat apparu juste après le prix du World Press attribué à « la dernière photo d’Allende ». Certains se sont demandé pourquoi donner des prix à des auteurs dans le champ de la photo de presse, estimant que, souvent, ce n’est pas le photographe qui fait la bonne photo mais l’événement.

Dans le livre Septembre au Chili, Robert Pledge fournit une dernière révélation. Il nous apprend que le jour de sa prise de fonctions, le 3 novembre 1970, Salvador Allende avait posé devant un photographe alors qu’il était assis dans un fauteuil d’apparat. Il fera de l’image son portrait officiel, diffusé un peu partout à travers le pays. Le photographe ? Leopoldo Vargas, cet homme discret qui a probablement enregistré la « naissance » et la mort d’Allende.

Michel Guerrin


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SALVADOR GUILLERMO ALLENDE GOSSENS, NÉ LE 26 JUIN 1908 À SANTIAGO DU CHILI ET MORT LE 11 SEPTEMBRE 1973 IBIDEM. IL FUT MÉDECIN ET HOMME D'ÉTAT SOCIALISTE, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU CHILI DU 3 NOVEMBRE 1970 AU 11 SEPTEMBRE 1973.
Président du Chili sous le gouvernement d'Unité populaire, Salvador Allende restera dans l'histoire comme le premier leader politique ayant dirigé une tentative de «transition pacifique » et dans la légalité vers le socialisme. 


lundi 4 novembre 2019

DISCOURS DE SALVADOR ALLENDE À L'ONU EN 1972

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    Le citoyen Salvador Allende Gossens, Président de la République du Chili pour la durée comprise entre le 3 novembre 1970 et le 3 novembre 1976.

    dimanche 16 septembre 2018

    L’ASSASSINAT DE LA DÉMOCRATIE CHILIENNE A AUSSI EU LIEU UN 11 SEPTEMBRE


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    En ce jour où l’on commémore les attentats terroristes du 11 septembre, le Dr Tomasz Pierscionek se souvient d’une tragédie qui a aussi endeuillé un 11 septembre. À l’occasion de la 17ème commémoration des attentats terroristes du 11 septembre, nous pleurons la mort de près de 3 000 personnes. Les événements qui ont suivi les attentats ont fini par éclipser la tragédie elle-même, et les ondes de choc émises il y a près de deux décennies résonnent encore dans le monde entier.
    INTRODUCTION TO CHILE: 
    A CARTOON HISTORY
    Un rapport publié en 2006 - Tendances du terrorisme mondial : Implications pour les États-Unis - qui réunit les conclusions de 16 agences de renseignement étasuniennes différentes, a conclu que la guerre en Irak a conduit à une augmentation du terrorisme international. Le sentiment d’empathie qui a suivi le 11 septembre a été remplacé, dans certaines parties du monde, par un fort sentiment anti-occidental. Les effets à long terme des conflits qui ont suivi le 11 septembre 2001 se feront sentir lorsque les nombreux orphelins ou enfants psychologiquement marqués par les guerres en Irak, en Afghanistan, en Libye et ailleurs seront devenus adultes.

    De nombreux habitants de la planète se souviennent des événements du 11 septembre, mais ils sont moins nombreux à se rappeler qu’avant 2001, le 11 septembre avait déjà été une journée tragique pour ceux qui habitaient dans les pays moins riches du Sud. Le 11 septembre 1973, la démocratie en Amérique latine a été durement frappée, le gouvernement démocratiquement élu au Chili a été renversé par un coup d’État appuyé par la CIA, rien de moins. La réaction du président chilien, le Dr Salvador Allende, à cette attaque contre la démocratie chilienne a été on ne peut plus différente de celle de George W. Bush 28 ans plus tard. Le président Allende s’est battu jusqu’au bout pour la démocratie de son pays.

    En tant que candidat de l’Unidad Popular (une coalition de partis de gauche), Allende a été élu président en 1970. Conformément à ses idéaux de socialiste et de démocrate, il a rapidement commencé à restructurer l’économie chilienne au profit de la majorité pauvre du pays. Il a nationalisé les mines de cuivre chiliennes rentables appartenant aux États-Unis, alloué des terres aux paysans sans terre, augmenté les salaires des plus pauvres et tenté de créer une société plus juste. Ce programme audacieux a rapidement mis Allende en conflit à la fois avec la classe aisée du Chili et le gouvernement américain.

    Les États-Unis ont soutenu un coup d’État mené par le général Augusto Pinochet, chef des forces armées chiliennes. Le 11 septembre 1973, les événements ont atteint leur paroxysme lorsque les forces de Pinochet ont attaqué la capitale du Chili, Santiago.

    Les événements de cette tragédie du 11 septembre sont soigneusement documentés dans le livre Chili : L’Autre 11 septembre, qui décrit heure par heure la journée tragique d’Allende depuis sa course précipitée dans les rues de Santiago pour rejoindre le Palais présidentiel de La Moneda, tôt ce matin-là, après avoir entendu parler d’un coup d’État, jusqu’à son dernier combat dans le palais. Allende et quelques dizaines de ses compagnons ont combattu jusqu’au bout, alors que le palais présidentiel était attaqué par des avions de chasse, des tanks et des troupes fidèles à Pinochet. Le président Allende a brièvement négocié avec les forces belligérantes pour qu’un certain nombre de membres de son gouvernement, de journalistes et d’autres personnes, dont sa fille Isabel, puissent sortir en toute sécurité du bâtiment. Allende lui-même a choisi de rester dans le palais. Quand on lui a offert de le laisser partir à condition qu’il s’exile immédiatement, Allende aurait répondu : ’Je ne traite pas avec les traîtres, et vous, général Pinochet, vous êtes un traître’.

    Le président Allende, qui se considérait comme le premier travailleur chilien et le gardien du pays, a décidé de lutter pour la démocratie chilienne jusqu’à la toute dernière seconde de sa vie. Après des heures de combat, il a choisi le suicide plutôt que la reddition. Pendant des heures, Allende et trois douzaines de compagnons ont combattu les forces de Pinochet pendant que la Moneda et la démocratie chilienne s’effondraient dans les flammes autour d’eux. Au cours de ses trois années de présidence, Allende a respecté le droit constitutionnel et, contrairement à certains dirigeants ’socialistes’, il n’a pris aucune mesure de répression contre ses opposants. Jusqu’à la toute fin, Mme Allende est demeurée une combattante passionnée de la démocratie. Ce qui avait commencé des années auparavant comme une lutte politique ardente contre les ennemis de la classe ouvrière chilienne s’est achevé par une lutte armée pour la vie ou la mort contre le fascisme, l’ennemi de tous.

    Plus de 3 000 personnes ont perdu la vie dans la répression et les exécutions sommaires qui ont suivi le coup d’État de 1973. Pendant les 17 années de dictature de Pinochet, environ 40 000 personnes ont été emprisonnées et torturées.

    Peu avant sa mort, Allende a prononcé un dernier discours qui a été diffusé depuis La Moneda :
    ’Travailleurs de mon pays, je crois au Chili et en son destin. D’autres hommes surmonteront ce moment sombre et amer où la trahison cherche à l’emporter. Allez de l’avant en sachant que, tôt ou tard, de grandes avenues s’ouvriront à nouveau et que les hommes libres les emprunteront pour construire une société meilleure.’
    ’Vive le Chili ! Vive le peuple ! Vive les travailleurs !’
    ’Ce sont mes dernières paroles, et je suis certain que mon sacrifice ne sera pas vain, je suis certain qu’à tout le moins, ce sera une leçon morale à l’aune de laquelle le crime, la lâcheté et la trahison seront jugés.’
    Est-ce qu’un dirigeant européen ou nord-américain se battrait aussi courageusement pour la démocratie ? Est-ce qu’un seul aurait même le courage d’honorer ses propres idéaux bellicistes en allant sur la ligne de front de la soi-disant ’guerre contre le terrorisme’ ?

    Le sombre héritage de Pinochet pèse encore lourdement sur le Chili, et ce n’est qu’une pierre parmi toutes celles qui composent la mosaïque des dictatures militaires issues des coups d’État commandités par la CIA en Amérique Latine. Les gouvernements démocratiques ont été balayés par des régimes de droite brutaux qui se conformaient au modèle économique néolibéral d’extrême droite adopté par la ‘Chicago School’, très proche de l’idéologue du libre marché Milton Friedman.

    Il y a quelques jours, 45 ans après le coup d’Etat de 1973, une marche a eu lieu dans la capitale chilienne, Santiago, pour commémorer les victimes du régime de Pinochet qui a duré 17 ans. Certains manifestants portaient des photographies d’individus que l’appareil de sécurité de l’ancien dictateur avait fait disparaître. Près d’un demi-siècle plus tard, de nombreuses familles chiliennes ne savent toujours pas ce qui est arrivé à leurs proches, ni où ils sont enterrés, et cela les hante. On a toujours pas retrouvé la trace de plus de1 000 ‘disparus’ du régime de Pinochet. Une poignée d’anciens agents des services de renseignement, ayant servi dans différents services de l’armée, ont été arrêtés ou inculpés de crimes commis à l’époque de Pinochet, mais d’autres ont sans aucun doute échappé à la justice et d’autres encore ont été graciés ou libérés rapidement, ce qui a suscité l’indignation des personnes en quête de vérité et de justice.

    Pinochet lui-même a échappé à la justice et n’a ’subi’ que 16 mois d’assignation à résidence dans un manoir londonien, tout en recevant le soutien moral de son amie Margaret Thatcher, avant de retourner au Chili où il a vécu ses dernières années dans le confort et est mort sans avoir été condamné pour aucun crime. Pinochet a été le parfait exemple de dictateur célébré par les puissances occidentales, un dictateur dont les atrocités sont passées sous silence tant qu’il sacrifie sa nation sur l’autel du capitalisme de libre marché.

    Tomasz Pierscionek

    Tomasz Pierscionek est médecin psychiatre. Il a été membre du conseil d’administration de l’association caritative Medact, rédacteur en chef du London Progressive Journal et a été l’invité de Sputnik, de RT et de Kalima Horra d’Al-Mayadeen.

    vendredi 14 septembre 2018

    CHILI, 11 SEPTEMBRE 1973 : L’INGÉRENCE DES ÉTATS-UNIS, OU LA CHUTE D’UN ÉTAT DÉMOCRATIQUE


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    DES POMPIERS ET DE MILITAIRES RETIRENT DANS UNE CIVIÈRE 
    LE CORPS SANS VIE DU PRÉSIDENT ALLENDE LE 11 SEPTEMBRE 1973
    Il y a 45 ans, le président socialiste chilien Salvador Allende était renversé par le général des armées, Augusto Pinochet, appuyé par la CIA. La violence s’empare alors du pays tandis que la démocratie s’en échappe.
    par PAULINE LAMMERANT
    DESSIN 
    HERVÉ BAUDRY 
    Le 11 septembre 1973 au matin, le président Salvador Allende est réveillé à l’aube, invité à quitter le pays sans tarder. Alerté du complot qui se dessine, il choisit pourtant de rejoindre le palais de la Moneda, siège de la présidence à Santiago. Une “simple” mutinerie dans la marine pensait-on. Seulement, les forces armées et celles de la police assiègent rapidement les lieux. Dix-huit jours avant, le Président avait nommé le général Pinochet au commandement suprême des armées. Sur place, Salvador Allende, sûr de la loyauté de son homme, se confie à son attaché de presse présent à ses côtés : “Pauvre Pinochet, à l’heure qu’il est il doit être en prison” (témoignage issu d’un documentaire produit et diffusé par France 3 en 1998, Le dernier combat de Salvador Allende). C’est en fait de lui que vient la trahison, et de trois des hauts dirigeants des forces armées. Mais le Président le découvrira bien assez vite, alors que le général fait une déclaration à la radio au nom de l’armée chilienne : il accuse le président d’être responsable du chaos régnant au Chili et exige de ce dernier sa démission et son départ du pays.

    Le palais de la Moneda en feu

    Pinochet réclame une reddition inconditionnelle sans pourparlers, alors que ses blindés encerclent le palais. Le Président y est alors reclu avec une vingtaine de ses conseillers et membres de la sécurité. Au commandant de l’air qui viendra lui offrir une dernière chance de partir, le colonel Roberto Sanchez, le président Allende répondra : “remerciez votre institution, mais je ne quitterai pas le pays, et s’ils tentent de me déloger, je me suiciderai” (témoignage issu d’un documentaire produit et diffusé par France 3 en 1998, “Le dernier combat de Salvador Allende”). Le président croyait à un piège et il avait vu juste, comme l’ont révélé les interceptions radiophoniques. Alors que les vitres sont criblées de balles, que les bombardiers grondent et que le palais prend feu, le Président tiendra quelques heures avant que ses collaborateurs ne se rendent finalement. Le corps de Salvador Allende sera retrouvé sans vie, sa menace passée à exécution.
    “Je ne quitterai pas le pays, et s’ils tentent de me déloger, je me suiciderai.”
    L’ingérence des USA, la ruse de la CIA

    Salvador Allende était prêt au sacrifice ultime pour empêcher les ennemis de la démocratie de s’emparer du gouvernement et de la place qu’il avait tant eu de mal à obtenir. Le socialiste s’était en effet présenté une première fois aux élections présidentielles en 1964 contre Eduardo Frei Montalva du parti démocrate chrétien. En pleine guerre froide, les États-Unis en difficulté avec le Vietnam craignaient l’expansion du marxisme en Amérique du Sud. Les Américains ont su trouver le soutien de la droite chilienne et du parti démocrate chrétien. Nixon, alors au pouvoir, alloue un budget de près de 3 millions de dollars à la CIA afin qu’elle finance secrètement la propagande pour l’adversaire d’Allende et soudoie ses alliés. Si leur stratégie s’est révélée payante en 1964, Salvador Allende persiste en 1970 et obtient la majorité relative nécessaire à sa victoire.

    La force contre les votes

    Son parti, la Unidad Popular, et précisément son gouvernement, ambitionne d’instaurer une politique sociale, légale et sans violence. Il fait notamment nationaliser les mines de cuivres exploitées par les États-Unis. Nixon, furieux, met en place un blocus informel contre le Chili. La CIA sous ses ordres finance la grève de camionneurs et de commerçants notamment. Le pays se paralyse, l’inflation grimpe en flèche, le Chili est au bord de l’implosion. Mais même dans ce contexte, les citoyens font confiance au Président et le prouvent dans les urnes pour les élections législatives. Les USA et leurs alliés ont dès lors compris qu’il serait impossible de l’évincer par la voie officielle et démocratique et choisissent de faire appel à la force. Encouragés, les militaires jusque là neutres prennent parti. Le Président avait pourtant confié à son général Augusto Pinochet qu’il comptait annoncer le 10 septembre un référendum pour recueillir l’avis du peuple sur sa politique ; il s’engagerait à démissionner en cas de défaite. Le général l’a convaincu de reporter cette annonce au 11 septembre, sachant qu’il n’en aurait jamais l’occasion ; aucune chance laissée au processus démocratique.

    Salvador Allende, martyr de la démocratie
    “Sachez que beaucoup plus tôt que prévu vous ouvrirez les larges avenues par où passera l’homme qui construira une société meilleure.”
    Dès la fin du siège du palais, le général Pinochet prend le pouvoir. Alors que sa position se devait temporaire elle devient permanente, à la surprise de la droite et du parti démocrate chrétien. Entouré de sa junte, il entreprend une série d’exactions contre communistes, socialistes, et toutes les formes d’expression, d’art et de liberté sont réduites au silence ; les industries du cinéma, de la musique et la presse s’écroulent. On estime que sous sa dictature, 3200 chiliens perdirent la vie, 38000 furent torturés et près d’un million ont été expulsés ou se sont exilés hors du pays. La dictature militaire d’Augusto Pinochet s’arrêta le 11 mars 1990, à la suite du référendum de 1988 et de nombreuses condamnations internationales des violations des droits de l’homme perpétrées au Chili.

    Dans la matinée du 11 septembre 1973, le président Salvador Allende est parvenu plusieurs fois à communiquer avec le peuple chilien par l’intermédiaire d’une des dernières radios qui émettait encore, la radio Magallanes. Grand orateur, ses mots raisonnent encore pour beaucoup de chiliens ; Salvador Allende, martyr de la démocratie. Jusqu’à la fin, avec une voix calme et sereine, alors même qu’on peut supposer qu’il connaissait l’issue probable de cette journée, il renouvelle son dévouement à son peuple et réaffirme les valeurs de la démocratie en laquelle il croyait tant :  “J’ai confiance en le Chili et en son destin, d’autres hommes viendront et surmonteront ce moment, gris et amer, où la trahison prétend s’imposer. Sachez que beaucoup plus tôt que prévu vous ouvrirez les larges avenues par où passera l’homme qui construira une société meilleure”.

    TAGS : 11 SEPTEMBRE, AUGUSTO PINOCHET, CHILI, DICTATURE MILITAIRE, SALVADOR ALLENDE

    LA MORT D'UN PRÉSIDENT QUI VIT


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    SALVADOR ALLENDE ET LE GÉNÉRAL CARLOS PRATS
    « Un gigantesque nuage noir s'élève au-dessus du palais en feu. Le président Allende meurt à son poste. Les militaires tuent des milliers de personnes dans tout le Chili. (...) Mme Pinochet déclare que les pleurs des mères assureront la rédemption du pays. Le pouvoir, tout le pouvoir est occupé par une Junte militaire de quatre membres, formée à l'École des Amériques au Panama. Ils sont dirigés par le général Augusto Pinochet. »
    Ces lignes de Galeano décrivent ce qui s'est passé le 11 septembre 1973, l'une des dates les plus profondément gravées dans l'histoire du Chili et de Notre Amérique. Ce jour-là, après plusieurs heures de siège et de bombardements au Palais présidentiel de La Moneda, le président chilien Salvador Allende est mort sous le feu des putschistes.

    Comment Allende est-il mort ? Il s’est suicidé, déclarait la Junte militaire le lendemain, le 12 septembre 1973.

    Comme une « figure glorieuse.... criblée et déchirée par les balles des mitrailleuses des soldats chiliens », écrit Pablo Neruda le 14 septembre sur son lit de mort.

    « Sous les balles ennemies comme un soldat de la Révolution », déclara sa veuve Hortensia Bussi, quatre jours plus tard au Mexique.

    Si le Président est mort aux mains de l'armée putschiste dirigée par Pinochet ou s’il s'est ôté la vie plutôt que de se rendre au Palais de la Moneda à Santiago du Chili, le 13 septembre 1973, les balles qui l'ont tué – d'où qu'elles viennent – ont perpétré l’un des crimes les plus abominables de l'histoire de l'Amérique latine.

    On a fait le silence autour de son assassinat ; on l'a inhumé en cachette et seule sa veuve a été autorisée à accompagner son cadavre immortel. On raconte que cet homme courageux et digne a résisté pendant six heures avec un fusil que lui avait offert le chef de la Révolution cubaine, Fidel Castro, et que c'était la première arme à feu que Salvador Allende ait jamais utilisée.

    Aujourd'hui, 45 ans se sont écoulés depuis la mort d'Allende. Cette nuit-là, les forces putschistes remirent un bref rapport au général Augusto Pinochet: « Mission accomplie. Moneda prise, président mort.» L'Unité Populaire et son président furent annihilés, ouvrant la voie à 17 ans de dictature militaire.

    Leader de la gauche politique chilienne, Salvador Allende remporta les élections en 1970, menant une politique intense de nationalisation du secteur minier et industriel. Au milieu de la crise économique, en 1973, il réédita sa victoire électorale, ce qui finit par provoquer l'intervention violente de l'armée dans la vie politique du pays.

    Au cours de sa première année de mandat, 47 entreprises industrielles et plus de la moitié du système de crédit furent nationalisées. Sa réforme agraire permit d’exproprier et d’intégrer à la propriété sociale quelque 2 400 000 hectares de terres productives.

    Salvador Allende fut le premier homme politique chilien d’orientation marxiste en Occident, qui accéda au pouvoir à l’issue d’élections générales dans un État de Droit.

    « La contradiction la plus dramatique de sa vie fut d’être un farouche ennemi de la violence, tout en étant un révolutionnaire passionné. Il pensait d’ailleurs avoir résolu le dilemme par l’hypothèse selon laquelle les conditions du Chili permettaient une évolution pacifique vers le socialisme, dans le cadre de la légalité bourgeoise », se souvenait Garcia Marquez dans sa chronique La véritable mort d’un Président.

    Tels furent, en somme, ses vrais crimes, ceux que l'impérialisme et l'extrême droite le plus réactionnaire du Chili et de la région ne pouvaient pardonner au leader charismatique transformé en un peuple, en une majorité.

    LA PLUS CONVENTIONNELLE DES GUERRES

    Un coup d'État, morts, un coup de griffe à la démocratie, une menace à la souveraineté, un gouvernement servile, fantoche, un peuple qui souffre... tout cela arriva au Chili il y a plus de quarante ans. Et aujourd'hui, sommes-nous de plus en plus aux portes de ces menaces ?

    La réalité est plus qu'évidente : des pays progressistes du continent sont victimes de tentatives déstabilisatrices qui cherchent à chauffer les rues, à semer le chaos et le désespoir pour provoquer un coup d’État, ou deux, peu importe.

    Les coups d’État doux et la guerre non conventionnelle en Amérique latine apparaissent comme le plan Condor actuel, bien qu'ils ne cherchent pas à s’en prendre à un Chili riche cuivre, mais plutôt à attaquer les consciences, les volontés, à manipuler à coups de mensonges et de duperies.

    Dans les documents qui régissent la vie politique des États-Unis, la guerre non conventionnelle (GNC) est définie comme « l'ensemble des activités visant à permettre le développement d'un mouvement de résistance ou d'insurrection, à contraindre, modifier ou renverser un gouvernement, ou à prendre le pouvoir par le biais d'une force de guérilla, auxiliaire et clandestine, dans un territoire ennemi », selon Hugo Morales Karell, docteur en sciences juridiques et chercheur sur des questions liées à la Sécurité nationale.

    « Au cours de la dernière décennie, la GNC s'est révélée être la modalité la plus réalisable à utiliser par les États-Unis et leurs alliés pour renverser des gouvernements contraires à leurs intérêts », signale Morales Karell. Il y a eu de nombreuses variantes : prétextes pour générer des manifestations antigouvernementales, en prétextant un mécontentement populaire face à la situation économique, politique et sociale d'un pays, intervention dans les affaires intérieures des pays de la part de pays tiers alléguant une prétendue crise humanitaire ou une violation des droits de l’Homme, jusqu’à l'action présumée d'une opposition interne.

    Les exemples sont légion, et certains sont même reconnus et déclarés par les États-Unis dans leurs documents doctrinaux : Albanie et Lettonie (1951-1955) ; Tibet (1955-1970) ; Indonésie (1957-1958) ; Cuba et l'invasion de Playa Giron (avril 1961) ; Laos (1959-1962) ; Nord Vietnam (1961-1964) ; Nicaragua et Honduras (1980-1988) ; Pakistan et Afghanistan (1980-1991) ; Irak (2002-2003).À ces cas avérés on peut ajouter ceux du Venezuela, du Brésil, de la Bolivie, où l'objectif manifeste pour endiguer l'avancée de la gauche progressiste dans la région.

    Telles sont les réalités d'aujourd'hui. On ne voit ni les canonnières ni les drones, on n’assiste pas toujours à des largages de bombes ou à des interventions militaires, mais les agressions se poursuivent ; nous assistons à une manipulation très subtile visant obtenir la participation des jeunes, l'utilisation des avantages offerts par les technologies de l'information et des communications et des campagnes médiatiques intenses pour exercer une pression politique et atteindre, comme le professeur Karell l’affirme, « la plus classique des guerres ».

    Mais n'en doutons pas, l'empire n’hésitera pas à recourir encore et encore à l'emploi de la force brutale et à l'assassinat cruel de dirigeants comme Allende, chaque fois que cela conviendra à ses intérêts et il ne lésinera pas sur les moyens pour se faire plier et se débarrasser des peuples et des gouvernements qu’il juge « gênants » et osent remettre en cause leur hégémonie. 


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    mardi 11 septembre 2018

    45ÈME ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE SALVADOR ALLENDE


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     COUVERTURE DE CARL ROODMAN
     TIME  DU 24 SEPTEMBRE 1973
    COMMÉMORATION DU 45ÈME ANNIVERSAIREDE LA MORT DE SALVADOR ALLENDE1973 - 11 SEPTEMBRE - 2018
    Santiago du Chili, le 11 septembre (PL) Salvador Allende s'est barricadé dans le Palacio de La Moneda sous les bombardements ordonnés par le général Augusto Pinochet, la panique a pris la population et le Chili a changé à jamais.

    Prensa Latina
     LE PRÉSIDENT SALVADOR ALLENDE GOSSENS 
    C'est le 45ème anniversaire du coup d'État sanglant qui a marqué une rupture profonde dans la société chilienne. Les défenseurs de Pinochet, peut-être dans une moindre mesure, existent et beaucoup occupent des postes politiques importants. 

    Les associations de parents de politiciens exécutés et de détenus disparus demandent la fin des pactes de silence de l'armée. Six criminels contre l'humanité ont été libérés sur parole il y a un mois. 

    Les appels du gouvernement conservateur actuel à panser les plaies et à rechercher la réconciliation nationale ne se concrétisent pas dans la pratique. 

    Aux déclarations très interrogées des membres actuels de l'exécutif, personne n'ignore qu'un ministre a été défenestré en à peine 72 heures par des déclarations abusives dans un passé récent, en qualifiant de " montage " le Musée de la mémoire et des droits de l'homme. 

    Le président de la République, Sebastián Piñera, a convoqué ce mardi à une cérémonie œcuménique à La Moneda qui aura en principe tout l'accent religieux des hiérarchies des différentes confessions. 

    Il ne fait aucun doute que ses filles et ses proches ne visiteront pas l'établissement qui s'est retrouvé dans le bureau d'Allende. La question est de savoir s'il y aura des discours et dans quelle ligne. 

    D'autant plus que quelques instants plus tard, au siège alternatif du Congrès national à Santiago, la Fondation Salvador Allende organise un acte solennel pour commémorer le 45ème anniversaire du coup d'État. 

    L'entité est dirigée par la cinéaste Marcia Tambutti Allende, petite-fille de l'ancien gouverneur, et de nombreuses personnalités du centre gauche du Chili participeront à la réunion. 

    Aussi, dans le centre d'Alameda O´Higgins, des centaines de personnes se rassembleront à l'entrée de la rue Morandé, où se trouve la porte d'entrée et de sortie d'Allende pendant son mandat présidentiel. 

    En outre, le Hall d'honneur de la Maison centrale de l'Université du Chili présentera des titres posthumes et symboliques aux hommes politiques exécutés et aux détenus disparus par l'intermédiaire de leurs familles. arante-cinq ans après le coup d‘état militaire au Chili, la marche en mémoire des victimes du régime de Pinochet s’est achevée par des émeutes devant et à l’intérieur du cimetière principal dans le nord de Santiago. Bilan de cette journée de commémoration toujours tendue : six policiers ont été blessés et 25 manifestants arrêtés.


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    lundi 25 juin 2018

    BANNIÈRE SAG